Olivier FRANCHETEAU
ActualitéEn attendant la guerre civile…
1ère semaine des vacances de la Toussaint difficile avec les jeunes inscrits à l’Espace J de la MJC de Persan. Toutes les propositions culturelles sont refusées d’emblée, que ce soit une visite de l’exposition « Crim’ expo » à la Villette ou une séance de cinéma avec « Shining » de Stanley Kubrick. Mission quasi impossible de les amener sur des terrains inconnus, d’autant plus s’il y est question de se cultiver. Il faudrait estampiller toutes les sorties par « Vu à la télé » ou « Certifié par Jamel Debbouze » et on y gagnerait déjà quelque peu. Même des sorties sportives, genre karting, peuvent tourner au fiasco dès que l’on sort de l’Ile de France et que l’on se confronte à un rejet voire une peur du personnel d’accueil suscités par les comportements de ces jeunes de cité, souvent intimidants et borderline…
En vérité, il est quasiment impossible d’obtenir quelque résultat tant que l’on s’adressera à ces jeunes de manière collective et communautaire et que les actions qui leur sont dédiées ne s’inscriront pas sur du long terme. On ne change pas les comportements et les habitus en quelques mois… A force de fantasmer sur la jeunesse, l’immigration et la précarité, la politique de la ville et les Conseils Locaux de Sécurité et de la Délinquance se confrontent ici à leurs propres limites. Même constat, pour épouser l’actualité, sur les journalistes et les politiques cherchant à alimenter le débat sur l’identité nationale ; parisianisme oblige, tous expriment à leur insu une méconnaissance profonde et inquiétante de la banlieue et de ses habitants. Si loin et si proche…
Faute de résultats, la disparition imminente de la politique de la ville pourrait in fine n’être pas si dramatique que cela, et tant pis pour l’ascenseur social, la paix des quartiers et la démocratisation culturelle…
TAM TAM les dessous de la marionnette à Persan
Du 14 au 18 octobre aura lieu la manifestation nationale “TAM TAM les dessous de la marionnette” pour donner de la visibilité à la marionnette, trop souvent isolée des autres disciplines dans les programmations des théâtres et peu comprise par le grand public qui l’assimile systématiquement à tort avec les spectacles pour enfants, alors que la marionnette pour adultes est résolument un genre original, audacieux, novateur et passionnant. C’est dans ce cadre que la MJC de Persan offre un atelier de découverte de la marionnette vue par la cie AMK qui est une habituée de la programmmation de la MJC (“Certaines aventures de Mme Ka”, “De l’intérieur”, “Mangerie(s)/lait” et “Gingko parrot” en avril prochain. J’invite volontiers les participants à cet atelier à visiter le site de la cie et à visionner ses vidéos sur Dailymotion pour d’ores et déjà se familiariser avec l’esthétique et la personnalité de la cie. L’atelier, produit par le Théâtre de la Marionnette à Paris, sera animé par Philippe Philippe Aufort, auteur, metteur en scène et comédien marionnettiste de la cie. 
Valise d’artiste, samedi 17 octobre à 14h à la MJC. Gratuit sur réservation au 01 39 37 46 98 (20 places uniquement).
MJC Persan, saison 2009-2010
Voici en avant-première la programmation jeune et tout public de la MJC de Persan, programmation que j’ai voulue plus audacieuse que les saisons passées, en réponse à la fidélité et à la confiance que me font les spectateurs, que je remercie au passage.
“100 kilos et ses éléphants” de la cie L’Yonne en scène ouvrira la saison avec un air fellinien et ravira les nostalgiques du passé et du cirque à l’ancienne. Tel la madeleine de Proust, ce spectacle nous renvoie à nos doux souvenirs d’enfance…
Plusieurs contes classiques sont dépoussiérés et revisités à l’instar du “Petit chaperon rouge” qui, avec “Faim de loup” d’Ilka Schönbein, subjugue et fascine le spectateur tant les métamorphoses surprennent par leur étrangeté et leur inventivité ; “La belle au bois dormant” se transpose ici sous l’ère Thatcher et transforme les quenouilles en seringues avec une Colette Garrigan délicieusement déjantée. “Sleeping beauty” s’inscrit dans la programmation du festival théâtral du Val d’Oise. Dernier conte que celui de “La reine des neiges” d’Ombline de Benque, où l’expressionnisme allemand marque fortement l’esthétique de cette création très attendue.
Habituée de la programmation, la Fabrique des arts d’à côté présentera le jubilatoire “La véritable histoire d’un petit bonhomme carré qui ne tournait pas rond”, une création sans paroles qui fera rire petits et grands…
La Bretagne s’exporte bien avec 2 spectacles. “La mano” de la cie Tro-héol, une réflexion marionnettique sur la greffe d’une main qui réclame son indépendance (!!) et “La chambre 26″ de la cie À qui a joué tout récemment sa dernière création “Mauvaise graine” à la Biennale des Arts de la Marionnette.
Enfin de l’audace que la cie AMK affectionne tant avec “Gingko parrot (dans mon arbre il y a)”, une exposition/spectacle déambulatoire où les enfants pourront se laisser physiquement submerger par un dispositif tout autant sonore, visuel que textuel. Evoquant la famille et les enjeux émotionnels possibles, cette balade s’articule en 7 univers reliés par un ensemble de passages, de fils rouges invitant les spectateurs au coeur d’une histoire familiale fictionnelle et onirique.
La cie AMK animera également un atelier de manipulation de marionnettes pour se replonger dans son univers et ses créations dans le cadre de “TAM-TAM les saisons de la marionnette”.
Je rappelle que les tarifs défient toute concurrence : 2 euros pour les Persanais et 3 euros pour les extérieurs, c’est ce qu’on appelle une politique tarifaire démocratique !
Très bonne saison à toutes et à tous !
Le CV vidéo d’Olivier Francheteau (nouvelle version)
Le CV vidéo se veut la grosse tendance en matière de recrutement et de recherche d’emploi. Etant à la recherche d’un emploi dans le secteur culturel et toujours à l’affût des nouveautés, j’ai donc réalisé moi-même ce CV vidéo. Cette réalisation a exigé un travail passionnant pour l’écriture du scénario, la mise en scène, le choix des musiques et des costumes et enfin l’interprétation. C’est en voyant “Etreintes brisées”, le dernier film de Pedro Almodovar, que j’ai eu l’idée de composer ces tableaux aux couleurs bien distinctes pour différencier chaque partie de la vidéo. Il fallait que les couleurs des plaquettes, des vêtements et du décor s’épousent de manière harmonieuse et qu’elles soient emblématiques de ma personnalité. Le plus. J’espère que vous apprécierez ce CV vidéo et qu’il suscitera des rencontres professionnelles à travers sa diffusion sur de nombreux sites communautaires, comme Dailymotion, YouTube & Facebook où un groupe a même été créé (Olivier Francheteau cherche du travail) en guise de soutien à mes recherches.
Ô 4 vents, festival jeune public
Le festival jeune public RécréA4 s’offre un lifting et s’appelle désormais Ô4vents. L’affiche est très esthétique, tout comme le site et il faut saluer ce parti pris. L’absence d’illustrations enfantines (avec sorcières et cie) pour faire genre “c’est pour les enfants” souligne l’exigence artistique de ce festival qui ne se veut surtout pas racoleur et commercial (cf. affiches de spectacles jeune public dans les théâtres privés !!!). Cela dit le concept du festival reste le même, à savoir jouer des créations jeune public dans les lieux patrimoniaux du 4e arrondissement de Paris. Comme d’habitude la programmation ne devrait pas décevoir les Parisiens.
On retrouve entre autre l’univers fou et très personnel de Damien Bouvet avec “Né” que j’ai programmé à Persan il y a 2 ans.
Bob théâtre , une compagnie que j’affectionne particulièrement puisque le comédien Denis Athimon est un ami ; j’aurai plaisir à revoir son spectacle “Hans et Greutel”, du théâtre d’objet facétieux et généreux.
Florence Lavaud fait aussi partie de cette belle sélection et on ne peut que s’en féliciter.
Néanmoins je formulerai un bémol à ce festival : il est regrettable de ne pas programmer des spectacles jeune public tout au long de l’année, c’est ainsi que l’on crée véritablement une habitude culturelle chez l’enfant et non avec un festival, aussi intéressant soit-il, qui a lieu tous les 2 ans. Mais il faut savoir que le budget culturel de la mairie du 4e est peau de chagrin. Dommage, vraiment dommage.