Olivier FRANCHETEAU

Actualité

5e Biennale Internationale des Arts de la Marionnette

biamEn tant que secrétaire adjoint au Conseil d’Administration du Théâtre de la Marionnette à Paris, je suis très heureux de vous présenter la 5e Biennale Internationale des Arts de la Marionnette du 24 Avril au 24 Mai 2009. La Biam 2009 est une coproduction avec la Ville de Pantin, une coréalisation avec le Théâtre de la Cité internationale et un partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, le Théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec, la Ville d’Argenteuil et le Château de La Roche-Guyon.

Le théâtre de marionnettes, expression majeure de la métamorphose et de l’illusion est un art complet et complexe. Présent depuis des siècles dans de nombreux pays, il est profondément ancré dans la tradition et l’histoire. Il s’inscrit cependant, dans un renouveau permanent aux prises avec l’actualité. Cette année encore, la cinquième Biennale internationale des Arts de la Marionnette en témoigne, et ponctue l’événement 2007/2010 les Saisons de la Marionnette, porté par l’ensemble d’une profession fortement engagée pour la défense d’une politique publique en faveur des arts de la marionnette.
La BIAM 2009 illustre l’état de la création actuelle avec l’accueil de nombreux artistes européens. Les techniques employées sont des plus diverses, les thèmes abordés des plus surprenants. Cette édition trouve toutefois sa ligne directrice dans la relation marionnette et musique. De l’adaptation libre du classique La Flûte enchantée par l’Ensemble Kontraste aux vibrations très actuelles de Charlotte Wilde dans Spleen en passant par la contrebasse et le saxophone de Salto lamento ou les furieuses improvisations des Russes de Akhe, le champ de l’exploration est des plus vastes.
Parce qu’il décale le regard du spectateur, le théâtre de marionnettes quelles que soient les formes qu’il endosse est doué d’une forte puissance d’imagination qui atteint son point d’excellence dans son alliance aux formes les plus élaborées des autres arts. Le programme de la BIAM 2009 vous permettra de l’apprécier, nous vous y attendons avec impatience.

Télécharger le programme

Pour recevoir le bulletin de réservation, ou pour toute information complémentaire, merci de vous adresser au Théâtre de la Marionnette à Paris : 01 44 64 79 70 du lundi au vendredi de 14h à 19h
info@theatredelamarionnette.com

J’ai vu

images(photo : cie Agitez le bestiaire)

La dernière création de la compagnie Agitez le bestiaire s’inscrit dans la lignée des précédentes, ce qui n’est pas une bonne nouvelle. « A mi chemin » reste un spectacle esthétique, avec une mise en scène ludique et enjouée comme la cie sait si bien faire. Malheureusement les comédiens sur-jouent et s’écoutent peu, tout est téléphoné et peu ressenti, et ce parti pris d’adultes jouant de grands enfants m’exaspère plus que jamais… Quant à l’histoire, je l’ai déjà oubliée…

m_eb989a58a722c6963c8db67418058873(photo : cie Hippolyte a mal au coeur)

« Seule dans ma peau d’âne » a par contre toutes mes faveurs. Cette adaptation du conte de Perrault est audacieuse (utilisation du langage des signes), intelligente, suggestive, quoique un peu lente par moments. Mais qu’importe, Estelle Savasta signe là sa première création jeune public qui avait été sélectionnée pour le Molière jeune public en 2008, et montre un savoir-faire remarquable très contemporain.

Changement d’aiguillage

En tant que membre du bureau du Théâtre de la Marionnette à Paris, je publie le dernier édito du journal de l’association, OMNI (Objets Marionnettiques Non Identifiés), par sa directrice Isabelle Bertola :

Dans le dernier numéro d’Omni, nous vous avons fait part de notre espoir de voir réalisée notre ambition – enfin ! : disposer d’un lieu de travail spécifique au Théâtre de la Marionnette à Paris. L’opportunité d’investir l’ancienne gare Masséna s’était présentée. Fin 2008, nous avons appris que ce projet ne se concrétisera probablement pas. L’équipe du Théâtre de la Marionnette à Paris, les membres de son conseil d’administration ainsi que les artistes et les spectateurs qui le soutiennent en sont fort déçus. Pourquoi notre implantation dans un lieu est-elle si complexe à mettre en œuvre ? Nos interlocuteurs et nos partenaires financiers semblent reconnaître la nécessité d’un tel outil de travail. Le lien étroit avec les artistes s’en trouverait renforcé. C’est dans la possibilité d’accueillir régulièrement des compagnies en résidence que ce lien – vital pour un théâtre – pourra se développer. Nous espérons qu’un déclic se produira pour que l’ensemble de nos partenaires s’engage dans cette perspective, au même moment… Toujours nomades donc, nous restons déterminés à donner davantage d’ampleur à nos actions. Le Théâtre de la Marionnette à Paris, pôle de référence pour la profession et pour le public, poursuit son engagement  dans le mouvement lancé par les Saisons de la Marionnette 2007-2010.  Et s’attache, notamment, à repérer les spectacles de marionnette contemporaine les plus pertinents et les plus inventifs qui naissent en  France et dans toute l’Europe. En 2009, deux moments forts témoignent  de cette préoccupation. Au printemps, la cinquième Biam met à l’honneur des compagnies allemandes, russes, finlandaises, polonaises, hollandaises, belges et, bien entendu, françaises, dans une grande diversité de formes et de propos. À l’automne, dans le cadre du temps fort national « TAM TAM Les dessous de la Marionnette », nous proposerons un éclairage spécifique autour de la création allemande dans le domaine des marionnettes. Plusieurs lieux partenaires accueilleront des spectacles venus d’Outre-Rhin : le TAM TAM des marionnettes résonnera en langue allemande. Autant dire que nous ne baissons pas les bras et que les idées et les envies affluent. Encore et toujours, la marionnette dans tous ses états, est notre raison d’être. 

Isabelle Bertola 

Où sont les femmes ?

Le Chef de l’Etat a installé le 2 février 2009 le nouveau Conseil pour la création artistique qu’il va présider, en lui fixant pour mission d’impulser un “changement de culture” et pour ambition de faire de la culture “la réponse de la France à la crise économique”. A voir et à suivre…
Le Conseil pour la création artistique comporte pour le moment douze membres représentant les différents secteurs de la culture dont une seule femme, Dominique Hervieu, directrice du Théâtre national de Chaillot ! Bonjour la parité !
Voici la composition du Conseil pour la création artistique. Le nouvel organe sera présidé par le chef de l’Etat, la ministre de la Culture Christine Albanel en assurant la vice-présidence. Le délégué général est Marin Karmitz. Les membres :

  • Henri Atlan (médecin, universitaire, philosophe), directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et directeur du centre de recherche en biologie humaine à l’hôpital Hadassah de Jérusalem
  • Laurent Bayle, directeur général de la Cité de la musique
  • Jacques Blanc, directeur de la Scène nationale de Brest
  • Hervé Chabalier (journaliste, producteur), créateur et PDG de l’agence Capa
  • Emmanuel Ethis (universitaire, sociologue), professeur en sciences de l’information et de la communication, président de l’université d’Avignon
  • Vincent Frerebeau, fondateur du label indépendant “Tôt ou tard”
  • Dominique Hervieu (danseuse, chorégraphe), directrice du Théâtre national de Chaillot
  • Emmanuel Hoog (haut-fonctionnaire), PDG de l’Institut national de l’audiovisuel et président de la Maison de la poésie
  • Laurent Le Bon (conservateur du patrimoine), directeur du projet Centre Pompidou-Metz
  • Olivier Meyer, directeur du Théâtre de l’Ouest parisien et du Théâtre de Suresnes Jean Vilar, directeur du festival Suresnes cités danse

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le spectacle jeune public sans jamais oser le demander

Mangerie(s)/Lait, cie AMK

L’ art et la culture sont l’oxygène de notre société. Indispensables à l’individu, comme au collectif, ils nourrissent l’imaginaire (en opposition aux programmes formatés diffusés sur les chaînes privées du petit écran), élargissent la pensée et élèvent l’âme. Aussi, la culture apparaît-elle nécessaire à la construction identitaire de l’enfant, d’où l’intérêt de regarder à 2 fois avant de choisir un spectacle jeune public. Malheureusement trop d’enfants encore ne vont pas au spectacle pour des raisons culturelles, géographiques, sociales et financières. Malgré la diversité de créations visant l’excellence, il existe encore de nombreux spectacles jeune public médiocres qui n’ont pour finalité que la rentabilité économique à défaut d’une qualité artistique. Ces compagnies bénéficient du soutien de certains réseaux peu regardants à la qualité des spectacles (de nombreux groupes scolaires et comités d’entreprise soutiennent cette catégorie), l’intérêt résidant dans l’être ensemble et vivre collectivement des émotions (joyeuses forcément) via un moment festif. Alors comment repérer un bon spectacle pour enfant ? Selon l’auteure québécoise Suzanne Lebeau un bon spectacle pour enfant est celui qui intéresse également les adultes et les traces qu’il laissera augureront de sa pertinence. Exit donc les spectacles interactifs («bonjour les enfants vous allez bien ?»!!!) avec des défis à relever pour défier la bravoure du personnage principal. La presse promeut très discrètement les spectacles et quand bien même il y a critique, il faut la prendre avec des pincettes (je ne citerai pas un certain hebdomadaire connu pour être exigeant dans sa sélection de sorties culturelles et de programmes TV, sauf que pour le spectacle jeune public, ce n’est pas vraiment ça… Paris mômes (Libération) a contrario reste une bonne référence. Pour déceler un bon spectacle, il est utile de regarder les flyers ou plaquettes qui annoncent l’événement : si les supports de communication sont racoleurs, visuel naïf et tape à l’oeil, avec mention «vu à la télé !» ou «rire garanti !», inutile de souligner que la médiocrité sera au rendez-vous. Par contre, si le spectacle bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle, s’il est soutenu par des collectivités locales (commune, département, région…), le gage d’un bon spectacle est d’avantage assuré. Bien sûr connaître et faire confiance aux équipements culturels ad hoc facilitent la sélection. A Paris, le Théâtre aux Mains Nues, le Grand Parquet, le Théâtre de l’Est Parisien et le théâtre Dunois offrent une programmation exigeante tout au long de l’année pour éduquer le jeune spectateur et créer une habitude culturelle. En banlieue, une relative vitalité irrigue la région, même si tout reste fragile, et dépend fortement du politique. Un nouvel adjoint à culture peut en chasser un autre et tout peut être remis en question, comme cela a souvent été le cas après les municipales de mars 2008. Je rappelle à certains élus que la culture attire plus de spectateurs que les stades de football et que plus que jamais elle a besoin d’être défendue.

PS : ci-dessus photo du spectacle Mangerie(s)/Lait de la cie AMK au travail remarquable et emblématique de l’exigence artistique pour le jeune public.

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